21.11.2008
Le livre qu'il ne faut surtout, surtout, surtout pas lire ! Sophie Laroche
"Que voulez-vous, c'est cela, la lecture. Des histoires d'amour, d'amitié. Un courant qui passe."
Le livre de Marc Norenêt vient de paraître, et c'est le succès du siècle. De 7 à 107 ans, tout le monde le lit, et pire, le relit inlassablement. C'est bien simple, on voit partout des gens en train de le lire, les autres loisirs sont abandonnés. (Enfin, pas tout à fait. Dans un village breton, une école d'irréductibles allergiques à la lecture résiste...). Max aussi résiste. Lui, il lit avec les oreilles. C'est à dire que les mots ne s'animent et ne prennent sens que quand c'est Madame Coquelicot (une veille dame qui s'occupe de la bibliothèque de l'école) qui lit à voix haute. Et comme Marc Norenêt interdit qu'on lise son livre à haute voix (et pour cause !! Vous verrez....), il est bientôt le seul dans toute l'école à vouloir encore jouer à la récré.
Passé les premiers moments d'agacement (il assiste à cet engouement stoïquement de Janvier au printemps, quand même !), il réalise que tout ceci n'est pas normal, que ce livre est en quelque sorte envoûté, et maléfique, assurément, puisqu'il a perdu tous ses copains.
Heureusement, il y a Hortense, celle qui a sauté une classe, l'intello toujours en train de lire. C'est fou mais ce n'est pas le livre de Marc Norenêt qu'elle lit, elle l'a déjà lu (et adoré) mais elle est passé à un autre. Comment a-t-elle fait ? Que pense-t-elle de la situation ? Et que peuvent faire deux enfants pour s'opposer à une situation qui les dépasse ?...
J'ai complètement craqué pour ce troisième roman de Sophie Laroche que je lis (le premier qu'elle ait écrit), c'est un grand coup de coeur ! Au premier degré, pour les enfants de 9 à 12 ans auxquels il est destiné, c'est une histoire géniale avec de l'aventure, des complots, de l'amitié, des plans ingénieux et beaucoup de suspens. Pour les amoureux des livres de tout âge, c'est une mine de petits passages qui parlent directement de la lecture et du rapport du lecteur aux livres, c'est rempli de malice et il s'en dégage un grand naturel, une simplicité joyeuse, une proximité respectueuse qui sont épatants.
Voilà, tout bonnement épatant. Je ne comprends même pas ne pas en avoir entendu parler plus tôt !
Ed. [Mic_Mac], Collection Même pas peur, 2007, 163 p., 9,50 €
06:00 Publié dans Mieux que bien | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, lecture, bande de potes
20.11.2008
Recette pour une réception de swap "organisée"
D'abord, prendre en main le colis en ne sautant pas sur place, sans cris de joie ni piaillements de contentement, non. Devant la personne qui vous remet l'objet, tout au plus s'autoriser un sourire discret tout en remerciant poliment. Prendre l'ascenseur et traverser le couloir sans arracher la petite bande qui permet d'ouvrir d'un coup la boite, entrer et ouvrir le reste du courrier d'abord. Prendre son appareil photo et ignorer les conseils de l'Homme qui n'est même pas encore douché, d'abord.
Sortir délicatement les différents cadeaux sans tenter de deviner au toucher et au poids ce que ça peut bien être, les disposer en forme de visage souriant avec une frange et un clin d'oeil (si, c'est très reconnaissable !) et ignorer encore l'Homme qui vous dit de déplacer ça correctement sous la lumière, non, pas comme ça, tiens donne-moi l'appareil (c'est l'heure de te doucher, tu sais).

09:55 Publié dans Hors-sujet | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : m'essuyer ne sera plus jamais une corvée, offrez-moi des clés maintenant, vivent les sexy men swaps, erzébeth je t'aime
Le Haut-lieu et autres espaces inhabitables - Serge Lehman
"Ca va vous paraître arbitraire mais je vous assure que ce n'est pas le cas. J'ai subi cette préparation moi-même et j'ai pu constater son efficacité. Vous allez dessiner des cercles, monsieur Beck. A main levée. Au début, vous allez tâtonner un peu mais quand vous aurez atteint votre vitesse de croisière, vous en ferez à peu près huit cents par jour. Tous les stagiaires y parviennent. Quand vos cercles seront parfaits, quand vous comprendrez pourquoi ils le sont, ce sera le signe que vous avez reconfiguré votre système nerveux et que vous êtes prêt à accepter la nouvelle réalité. En général, ça arrive le sixième jour."
Ainsi parle celui qui accueille Beck à la Maison des Cigognes, un lundi matin alors qu'il pleut. Chroniqueur télé, il vient y faire un stage, s'ouvrir à la nouvelle réalité. Avec lui, nous progressons pas à pas dans une sorte de manipulation gigantesque, avec un épilogue vraiment très fort, vertigineux, une nouvelle réalité... (Origami)
Dans ce recueil, on trouve une novellas, une vignette et quatre nouvelles. J'en ai aimé 3 sur 6, ce qui fait une moyenne ! Origami, donc, ma préférée, mais aussi la novellas, Le Haut-lieu, où un homme et une femme se retrouvent coincés dans un appartement qui se calcifie sous leurs yeux : là où étaient les pièces se matérialisent des trompe-l'oeil les imitant à la perfection; la progression est lente, mais inéluctable, et malgré la possibilité de communiquer avec l'extérieur, l'appartement est plus fort qu'eux....
Excellent aussi est Le gouffre aux chimères, qui donne une version inédite de la création artistique. Une réification par et dans les livres, une nouvelle que tout écrivain devrait lire !
Je suis moins fan du reste, mais pour ces trois très bons moments, ça valait la peine :-D
Ed. Denoël, collection Lunes d'encre, Octobre 2008, 238 p., 18 €
06:00 Publié dans Sympathique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : nouvelles, sf, fantastique, curieux que tous les personnages fument comme des sapeurs
19.11.2008
Power play - Joseph Finder
Commencé mollement, je me suis vite prise au jeu et ai succombé à l'urgence impérieuse de tourner les pages : c'est que le déroulement de cette intrigue est surprenant !
Au départ, on rencontre Jake Landry, qui occupe un poste un peu lambda dans une grosse boite d'aéronautique. Son boss étant occupé par un gros contrat, il est convié à un séminaire de cohésion d'équipe avec les gros bonnets, qui se déroule sur une petite île isolée. Là-bas, la situation va totalement déraper, et très vite, on ne sait plus du tout qui est fiable et qui est impliqué dans la sanglante et violent prise d'otage qui se déroule...
Petit à petit, et alors qu'on a du mal à tourner les pages avec nos doigts sanguinolents (ce ne sont plus les ongles que je ronge, je n'en ai plus du tout, mais les petites peaux autour), Jake nous révèle en flash-back des bribes de son passé, qui nous le montrent sous un tout autre jour...
Super efficace, haletant, carré, nickel. La prose en elle-même n'a rien de remarquable (ni de vraiment personnel, au contraire d'un Hardsat par exemple), mais elle sait brillamment nous mener par le bout du nez, et personnellement, j'apprécie !
Ed. Albin Michel, 2008, 406 p., 21,50 €
Traduit de l'américain par Marina Boraso
05:41 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : business thriller, ça canarde et ça ne rigole pas, c'est plein de traîtres et de vilains, le héros est un teigneux
18.11.2008
Les âmes vagabondes - Stephenie Meyer

Vous souvenez-vous de la kitchissime série "V" ? Moi très bien, faut dire qu'elle a fait les délices de mes samedis après-midi à l'époque (antédiluvienne) où tout ce que j'avais trouvé comme boulot était un poste de "polyvalente" chez Ibis. Autrement dit "bouche-trou", et le samedi était pas mal dans le genre : je remplaçais une réceptionniste, en coupure. C'est à dire que je bossais de 7 h à 14 h, puis de 19 (18 si je voulais manger) à 22 h 30. En même temps c'était la meilleure journée, parce que le dimanche j'étais en salle (l'horreur !) avec plus ou moins les mêmes horaires, et 3 jours dans la semaine de 18 h à 21 h au bar. Ca ne remplissait pas mon frigo, loin s'en faut. Le pire c'était que ça se passait dans le 93, et si je ne voulais pas rentrer chez moi pendant la coupure (trop loin), j'avais le choix entre Bobigny 2 (y faire du lèche-vitrine équivalait à se pendre dans le noir avec un revolver et des tranquillisants en nombre) ou Rosny 2 (y faire du shopping équivalait à m'endetter sur 30 ans). Donc je mettais un poste de télé dans une salle de réunion libre et je regrettais le temps de Bernard Golay. Jusqu'à ce qu'une chaîne rediffuse "V". J'étais à fond dedans.
Tout ça pour dire que les lézards qui envahissent la terre en prenant possession du corps des gens, je suis POUR (dans la fiction). Je suis d'ailleurs incollable sur le sujet depuis que je suis tombée amoureuse de Jack O'Neill dans Stargate SG1, même si Teal'c n'avait pas du tout mes faveurs (tous ces muscles, pouah !).
Mais va-t-elle enfin nous parler du roman ? Vous demandez-vous légitimement. bah, pourquoi, quand d'autres l'ont fait si brillamment. J'en veux pour preuve les excellents billets de Sandrine, Clarabel, et Franscesca, qui vous donneront tous les détails nécessaires, avec des nuances d'appréciation qui vous obligeront à vous faire votre propre avis, si d'aventure vous étiez tenté(e)s.
Pour ma part, j'ai passé des heures délicieuses dans ces 600 pages, bercée par le subtil talent de conteuse de Miss Meyer. J'ai largement préféré cet univers à celui de la série Twilight (dont je n'ai lu que le 1er tome). Pas vraiment que je le trouve plus mature, je pense que ça s'adresse encore parfaitement aux ados, mais c'est vraiment maîtrisé et l'univers proposé est plus que crédible; oui, ça tient debout, bien droit même, même si on peut s'agacer encore de l'héroïne incolore. (Gaby est quand même la reine des "je m'écrase et je me fais toute petite").
Ce qui se démarque le plus fortement, à mon sens (et mon sens n'est pas forcément bon), c'est la subtilité avec laquelle les deux visions de l'humanité s'imbriquent et se repoussent. Le monde Humain apparaît à l'allien comme terriblement séduisant, personne dans l'univers n'a notre capacité à ressentir. Nos émotions sont fortes et colorées, un truc de dingue pour une bestiole qui a passé des siècles dans une plante. Mais son peuple colonisateur est pur, pacifique, incapable de mensonge et oeuvrant pour une sorte de communisme parfait.
Oui, bien plus que l'histoire d'amour qui paradoxalement m'est apparue comme secondaire, ce roman est de la très bonne science-fiction, de celles qui remettent en perspective notre société sans recourir au manichéisme primaire, nous les bons eux les vilains méchants.
Et puis quel suspens ! L'épilogue, à partir des pages autour de 500, m'a profondément intriguée : quelle pouvait bien être la solution que Gaby envisageait ? Malgré une longue pause et bien de la réflexion, je ne voyais pas... Mais bon évidemment si des éléments ne nous avaient pas été révélés... ;o)
Grand merci à Cathulu pour l'envoi !
Ed. JC Lattès, 2008, 617 p., 20,50 €
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert
Titre original : The Host
06:00 Publié dans Mieux que bien | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note | Tags : sf, mille-pates, symbiotes, v et stargate sg1
17.11.2008
4 jours avant Noël - Donald Harstad
"Dépassés par l'ampleur potentielle de l'évènement"
Dans l'ambiance immédiatement : nous prenons en cours le shérif Carl Houseman alors qu'il est assiégé dans une grange. Avec Sally, la standardiste émérite, Hester, de la crim, et un certain Georges, qu'on ne connaît pas encore. Hester est blessée et on pourrait se croire en plein western : en face, ça canarde à tout va et la situation est critique-tendue-bouillante.
Retour en arrière au 18 décembre, lorsque tout a commencé, plutôt tranquillement. A la base, un appel pour une exécution devant la ferme de deux vieux frangins, à bout portant, la moitié de la tête a explosé. Très vite, ce meurtre en est relié à un autre, en apparence tout simple (maladie), mais les apparences...
A tel point que le 20 décembre, se tient une réunion avec, tenez-vous bien : FBI, DOJ, CDC, FDA, DEA, ATF, OSHA, NSA, DCI, DNE et EMD. Rien que ça. C'est vous dire que cela dépasse de loin le cadre du règlement de compte entre petits truands...
On pourrait croire qu'avec tout ce beau monde l'enquête se déroulerait sur du velours, mais si elle avance à la vitesse de l'éclair, c'est Houseman qui va se trouver au mauvais moment au mauvais endroit, et en subir de belles...
La construction qui se déplace entre passé (pour qu'on comprenne peu à peu de quoi il retourne) et présent (qui est d'un suspens haletant) est plus qu'habile. On a affaire à un truc énorme, qui nous glace, et comme à son habitude Donald Harstad décortique avec une précision méticuleuse les rouages de la police (et de la justice) américaine. On parle ici d'immigration, de menace terroriste. C'est passionnant, captivant, ça coule comme de l'eau pure, et on en veut encore !
Ed. Le Cherche Midi, Collection Ailleurs, Novembre 2008, 333 p., 19 €
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gilles Morris-Dumoulin
Titre original : A Long December
06:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : thriller, donald harstad, terrorisme, ça canarde de partout
16.11.2008
Sauve... Qui peut ! Sophie Laroche
Que nous réservent les cerveaux étranges de ceux qui créent les émissions de télé-réalité ? L'un d'entre eux a mis au point un mélange de toutes celles existantes mais... Pour des enfants.
Ils sont cent à avoir été sélectionnés dans tous les pays francophones, et il n'en restera qu'un, qui sera déclaré "héros du futur". Dans l'avion qui les emmène sur la petite île théâtre (et c'est le bon mot !) de leurs opérations, ça commence très fort : ils doivent, sans aucune préparation, sauter en parachute. Ensuite, ils doivent passer des épreuves d'agilité, de force, de courage et de sang-froid en respectant le règlement, parmi les plus sévères. Pas le droit de dire de gros mots, d'évoquer le nom des candidats éliminés, de crier ou pleurer lors des épreuves, enfin toute blessure est éliminatoire.
Manipulés, dressés les uns contre les autres, les enfants vont découvrir qu'à la télé tout est faux, et que les vraies valeurs demeurent éternelles...
Un chouette petit roman pour les 8-12 ans qui a fait la joie de mon loustic (12 ans). Il trouve que la fin était prévisible, pas moi, mais nous nous accordons sur le plaisir que nous a procurée cette lecture, que nous avons abondamment commentée en cours; tu l'aurais faite toi, cette épreuve ? (moi, aucune, lui toutes, à l'entendre !) Et tu aimes bien cette façon qu'a l'auteur de s'adresser directement au lecteur ? (Il adore). D'ailleurs ce roman est entré directement dans son top 10, il l'a déjà relu 2 fois...
C'est vivant, joyeux, effrayant parfois, bien foutu, et on recommande :-D
Ed. [Mic_Mac], 2008, 166 p., 9,50 €
06:00 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, télé-réalité, koh lanta, amitié, epreuves
14.11.2008
Ceux qui sauront - Pierre Bordage

"Il valait mieux un petit peu de pas beaucoup que rien de rien."
Quelle excellente idée que cette collection ukronie chez Flammarion ! Une uchronie, en gros, est l'histoire revisitée, ce qui aurait pu être si, et ses conséquences sur le présent.
Nous sommes ici en 2008, mais la révolution française de 1789 n'a duré que le temps d'un feu de paille, la monarchie a été rétablie, et depuis plus d'un siècle les individus sont divisés en deux camps : les nantis (nobles ou juste fortunés) et les cous sales. Les premiers mènent une existence privilégiée, usant et abusant des seconds, qui vivent en plein obscurantisme. Le savoir, la connaissance, l'instruction, leur est formellement interdite.
Par exemple, la machine à laver n'a pas été mise en circulation, si les femmes disposaient de plus de temps libre, elles pousseraient les hommes à la révolte, et les riches s'en foutent, ils ont des employés qui lavent pour eux. D'ailleurs l'électricité est réservée aux nantis, le téléphone est une chimère, et les informations qui circulent sur leur version d'internet sont soigneusement filtrées. La France vit repliée, a renoncé au pétrole, se meut selon les usages de siècles très dépassés.
Pourtant le peuple a tenté plusieurs fois de se soulever, poussé par la faim, la famine, la dalle, mais que faire les mains nues (ou presque) contre l'aviation, les canons et autres technologies assassines... Mais une résistance s'organise, des instituteurs clandestins apprennent à lire et à écrire aux enfants, la nuit.
Ce roman, c'est la description très précise et parfois sanglante de ce monde où Jules Ferry est devenu un mot de passe pour réunions secrètes, mais c'est aussi la rencontre de deux jeunes adolescents de quatorze ans que tout oppose, à priori. Jean est un cou noir, il commence juste à travailler, il se trouvera au mauvais endroit au mauvais moment, et Clara est la fille du directeur de la Banque Royale, élevée à Versailles, programmée pour épouser qui on lui dira afin d'élargir le rang social.
Ces deux-là sont représentatifs chacun de leur côté de la barrière, mais possèdent ce qui fait défaut à la majorité moutonnante, quelle que soit son camp : la faculté de réfléchir, une certaine forme de libre-arbitre. Leur rencontre leur sera-t-elle bénéfique ?...
J'ai fait long pour présenter ce qui n'est pourtant qu'une esquisse sommaire, mais c'est un univers solide et copieux. Une sorte de roman d'aventure à la Victor Hugo mâtiné de SF, un peu old fashion, dans les pages duquel on s'oublie pour se poser plusieurs fois la question qui, de tous temps, a ouvert la porte des possibles : Et si....
J'ai lu je ne sais plus où qu'il était recommandé à partir de 9 ans, je dirais plutôt pas avant un bon 13-14 ans (et jusqu'à pas d'âge!) (mais ce n'est que mon avis).
Ed. Flammarion, 2008, 345 p., 15 €
06:00 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, adolescents, uchronie, conditions révolution française, historique
13.11.2008
Une lutte sans merci
Alors que tout le monde s'interroge sur l'utilité de Facebook, nous sommes trois à ne plus nous poser aucune question; nous y avons trouvé le jeu le plus addictif (ce mot n'existe pas, me dit le dico, mais vous comprenez l'idée) qui soit, qui a tendance à dévorer notre temps, allez encore une dernière, juste une petite...
Ca s'appelle Word Challenge et c'est un petit jeu de lettres tout bête : il s'agit, à partir d'un tirage aléatoire de six lettres, de composer un maximum de mots (verbes conjugués inclus) en un minimum de temps. Le temps de départ est de deux minutes, mais à chaque mot validé correspond un bonus de temps ( et bien entendu des points !).
Il faut trois lettres au minimum, bonus temps : rien
Quatre lettres : + 2 secondes
Cinq lettres : + 3 secondes
Six lettres (soit anagramme) : + 3 secondes PLUS la manche bonus débloquée. Il s'agit alors de trouver le nom d'un de vos amis sur Facebook, de 6 lettres ou moins. Cela attribue des points supplémentaires, et permet d'obtenir un nouveau tirage de lettres. Comme ça prend quelques secondes, ça octroie en même temps un petit temps de décontraction, bienvenu quand vous êtes au maximum de la concentration et que la partie dure longtemps...
Sinon, il faut valider un minimum de quatre mots pour pouvoir obtenir un nouveau tirage, en cliquant sur la touche ctrl du clavier.
C'est tout ! Il faut donc, dans l'idéal, pianoter très vite, trouver les anagrammes, oublier les mots de 3 lettres qui apportent peu de points et pas de temps, mais surtout, rester concentré, et c'est bien là le plus difficile.
Pour épicer le jeu, Facebook établit un classement de tous vos amis (ceux qui y jouent, of course !).
Au début, quand nous avons découvert ce jeu, avec Laure on était contentes quand on atteignait un score de 10000. On voyait Jean-Philippe Blondel parader en tête du classement, avec ses 18000 points, qui nous paraissaient tout à fait inatteignables (et dans inatteignable, il y a teigne. Je dis ça, je ne dis rien). Mais à force d'y consacrer des heures et des heures, nous nous sommes mis tous trois à nous disputer la tête de classement, se doublant, stagnant, passant en troisième position à tour de rôle. Actuellement, nous frôlons tous trois les 200000 points et ça ne cesse de m'étonner.
Ce qui est aussi amusant, ce sont les petits messages que nous nous adressons au fur et à mesure de nos avancées communes, mais il faut bien avouer qu'il y a un duo contre un seul homme, que cela énerve beaucoup de se faire grignoter :-D
Ceci dit Laure et moi avons testé le jeu à deux, une qui pianote et l'autre qui hurle tous les mots qui lui viennent en tête, mais ça ne fonctionne pas bien, nos scores étaient minables. Non, ce qu'il faut, je le répète, c'est du sang-froid et de la concentration. Comprendrez-vous mes doigts qui tremblent et s'emberlificotent quand je sens que ça va peut-être être possible cette fois, que je m'approche du meilleur score et qu'il me reste du temps ?... Je sens l'adrénaline se répandre en moi, je me dis non, non, ne regarde pas le score, ni le temps restant, des mots, te faut juste des mots... Et souvent je perds, vide dans la tête, trop excitée par la situation...

Il se trouve (hasard je t'aime) que je suis actuellement en tête (gniark gniark) mais je sais par expérience que cela ne dure jamais très longtemps, alors je savvvvvvvoure !
Voilà qui explique, un peu, également, le fait que je lise moins en ce moment. C'est un bête jeu, certes, mais je suis très joueuse...
10:53 Publié dans Hors-sujet | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : facebook, jeu, jouer, faire le meilleur score, complètement addictif
12.11.2008
Les gènes de la violence - Michel de Pracontal
"On ne pensait plus et on ne s'en rendait même pas compte."
Trois mondes bien distincts se tournent autour dans ce roman - Médias, Scientifique, et Policier - chapeautés par le monde politique : cocktail explosif !
Lorsque l'on retrouve des cadavres de jeunes femmes écorchés et auxquels il manque le coeur (l'organe), la France, entraînée par une chaîne de télé hyper trash et l'ensemble des journalistes prend peur; un serial killer à l'américaine sévit dans nos rues, tremblez citoyens. Or il se trouve qu'un scientifique très médiatisé a une théorie : il aurait isolé le gène de la violence, une protéine, et travaillerait à l'élaboration d'un vaccin. Un petit tour dans ses laboratoires nous en apprendra de belles sur les pratiques scientifiques...
Mais c'est Paul Bertillon, un journaliste scientifique du genre vieux de la vieille, qui garde le plus les pieds sur terre. N'hésitant pas à user de méthodes peu orthodoxes, il enquête dans l'ombre, et ce qu'il découvre...
Super bien ficelé, ce thriller se dévore avec un effet suspens en spirale. On est fermement harponné, notant au passage les noms étonnants choisis par l'auteur (Albemuth pour le président de la République ? En emprunt à Jérôme Leroy (le candidat Albemuth) nous dit-il. Je pensais à Philippe K. Dick et me demandais... Witold Gombrowicz est ici un "post-doc" polonais, un des méchants se nomme Lewinsky, un autre Trotsky...). On sent un véritable avis sur les sujets évoqués, une grande maîtrise de la vie politique, mais tout ça se met au service d'une histoire vraiment prenante.
Beaucoup aimé.
Ed. Le Cherche Midi, Collection Neo, 2008, 283 p., 19 €
06:00 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : thriller, france, fortement politisé, suspens
10.11.2008
Les ombres silencieuses - Mari Jungstedt
Ce deuxième volume de la série policière écrite par Mari Jungstedt fait immédiatement suite à Celui qu'on ne voit pas (Plon, 2007), qu'il est préférable d'avoir lu au préalable.
Cependant, ne pas l'avoir fait ne gêne pas la compréhension de cette enquête-ci (sauf que c'est toujours agaçant de ne pas pouvoir "suivre" la progression des caractères).
Nous sommes dans une petite ville suédoise assez idyllique, un peu isolée, un ancien photographe alcoolique se fait abattre à coups de marteau juste après avoir gagné une grosse somme aux courses hippiques. Alors que la police (et notamment le commissaire Knutas) se concentre sur cette enquête, nous suivons en parallèle les amours adultérines (et problématiques) d'un journaliste de Stockholm et d'une mère de famille, et la pauvre petite vie de Fanny, 14 ans, livrée à elle-même malgré la présence encombrante d'une mère elle aussi alcoolique.
Les chapitres sont courts, le rythme est soutenu, pendant longtemps cette façon de cloisonner chaque personnage est assez déconcertante. Mais le lien finit par se faire, et on termine en imbriquant les indices les uns dans les autres, pour voir s'allumer l'ampoule un tout petit peu avant la révélation, ouf, l'honneur est sauf.
On retrouve ici cette ambiance nordique qui est tellement plaisante, une liberté d'esprit assortie à une franchise bon-enfant qui contribue grandement à nous plonger dans l'intrigue.
Lu d'une traite en ce qui me concerne, avec l'impression de venir de commencer, excellent signe en général ;o)
Ed. Plon, Novembre 2008, 296 p., 21,90 €
Traduit du suédois par Maximilien Stadler et Lucile Clauss
Titre original : I denna stilla natt
06:00 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : polar, suède
08.11.2008
La petite cloche au son grêle - Paul Vacca
Il était une fois un petit café sur le bord d'une nationale, dans le nord de la France. Une famille y vivait très heureuse, le père "toléré" par les habitués (bien qu'il ne paye jamais sa tournée et ne boive pas, un comble pour un cafetier, surtout du Nord, dit la fille qui a aussi été élevée au coin d'un zinc chti... ;o), et la mère adorée par tous. Quand le narrateur rentrait du collège, il la trouvait toujours plongée dans un livre, et le sourire qu'elle lui adressait en entendant la petite cloche de la porte d'entrée lui chauffe encore le coeur rien qu'à l'évoquer. Il avait 13 ans, et n'aimait pas lire, au grand dam de sa mère qui avait pourtant une foi inébranlable en sa plume : son fils serait écrivain, elle en était persuadée.
La façon dont la littérature se faufile dans une vie peut prendre bien des aspects différents; Pour notre jeune ami, c'est son béguin pour une cantatrice établie dans le voisinage qui a tout déclenché. Surprise par une averse, elle a abandonné un livre sur l'herbe, qu'il a recueilli. Et voici Marcel Proust entré dans le petit café.
Mais les histoires simples et heureuses agacent le destin, voici la mère touchée par une grave maladie. Désireux de lui faire plaisir, le père et le fils vont s'unir pour lui proposer des sourires en cascade : une virée à Cabourg, son acteur fétiche en lecture dans le café, enfin la création originale d'une adaptation de Proust, jouée par tout le village...
L'écriture toute simple de Paul Vacca a le charme du naturel, on sourit à ce petit village qui découvre la Proustmania (le père et son effroi de la jaquette flottante !), on se fait surprendre par l'émotion. Les dernières pages nouent la gorge, on se laisse vraiment émouvoir par cet acte d'amour d'un fils pour sa mère : un roman. Peut-être ce qu'on peut faire de plus beau au monde...
Ed. Philippe Rey, 2008, 182 p. 16 €
Les avis de : Cathulu, Moustafette, Patricia, Mireille, Bellesahi, Marianne, Clarabel, Gérard Collard, Phillipe (qui me sidère en révélant que ce n'est absolument pas autobiographique... J'y croyais dur comme comme mes abdos (ouarf ouarf). Les accents de sincérité sont alors magistraux, vraiment.), et tout le monde a aimé !
14:15 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : marcel proust, joli acte d'amour d'un fils pour sa mère
07.11.2008
Nos séparations - David Foenkinos
"Pour écrire, il faut s'échapper des phrases"
Plus qu'un roman sur les séparations, c'est l'histoire d'un homme plutôt gris, pâlot, sans réelle consistance, et de l'influence de ses amours sur son quotidien. Fritz rencontre Alice, ils s'aiment, se séparent, se retrouvent, manquent de s'épouser, et se retrouvent à nouveau avant de se quitter pour de bon. Entre-temps, il y a Céline et Iris. Bon.
Quand l'histoire qui constitue le fond du roman n'est pas, de prime abord, passionnante, on espère beaucoup que la forme saura nous entraîner au-delà; Malheureusement, il y a un évident manque de rythme, les dialogues sont plats, certains passages plutôt patauds :
"On ne se sépare plus. Dis-moi qu'on ne se sépare plus.
- Je te le dis, Alice.
- Plus jamais.
- Nous vieillirons ensemble."
Cette dernière phrase la fit sourire car elle évoquait un de nos souvenirs. Je lui avais acheté le DVD du film de Maurice Pialat Nous ne vieillirons pas ensemble, et j'avais colorié en noir les négations. C'était peut-être cela que nous devions faire pour être heureux ensemble, colorier en noir les négations."
...
Fort heureusement, et tout à fait étrangement, il y a une quarantaine de pages très différentes, la troisième partie. Fritz vient de s'enfuir après le fiasco de la journée de mariage, il rencontre dans le train un homme se rendant à l'enterrement de son père, il décide de se joindre à lui et se met à vendre des cravates en Bretagne. Il entre en contact brièvement avec Iris, est repêché par Paul et Virginie, et rencontre vraiment Iris. Toute cette partie est gracieuse, fine, amusante, poétique, remplie d'humour, on plonge enfin dans l'histoire et on savoure. Mais plouf, la quatrième arrive, puis l'épilogue, et on retrouve la plume du début. Décevant !
Au final je ne suis pas convaincue, mais reconnais une réelle qualité de fantaisie qui gagnerait à être plus ciselée...
Ed. Gallimard, Collection Blanche, 2008, 178 p. 16 €
Merci à Caro[line] (pas taper ?) pour le prêt, en transit via Amanda :-D
Les avis de : Antigone (qui a ressenti comme moi la 3° partie !) et Caro.
06:00 Publié dans Bof | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : histoires d'amour, fantaisie, caro[chouchou], pincée d'absurde dans un monde gris
06.11.2008
Johnny Mad Dog - Emmanuel Dongala

A l'occasion de la sortie le 26 Novembre de l'adaptation au cinéma*, Le Serpent à plumes réédite ce roman initialement paru en 2002, et c'est une immense claque. Emmanuel Dongala décrit une guerre absurde et d'une violence inouïe, en Afrique, à travers le regard croisé de Johnny (milicien, rebelle, jeune homme affolant de bestialité et de candeur à la fois), et Laokolé (jeune fille prise dans le tourbillon infernal de la fuite). Tous les deux ont seize ans, chacun d'un côté de la barrière et leur récit est d'une froide précision glaçante, on vit avec eux l'infernal, on y est, c'est incroyable.
La plume est magistrale, c'est le terme adéquat, il n'y a pas un mot en trop ou glissant, pas une once de pathos ou de didactique. On ressent dans nos tripes le formidable espoir, la part d'humanité qui parvient à subsister chez quelques-uns, on ne peut concevoir la pyramide absurde qui se met en place, le discours incohérent et les misérables abus de toutes sortes, sous les yeux des ONG, ambassades et télévisions occidentales.
C'est un livre qu'il faut digérer, j'ai du mal à en dégager quelque chose à dire parce que le fond est tellement puissant que je me sens totalement ignare et idiote d'avoir pu y être indifférente (je veux dire, autant on a pu lire et entendre beaucoup de choses au sujet du Rwanda, autant le reste de l'Afrique est noyé dans un "on sait vaguement", on a ça dans un coin de la tête sans se sentir forcément concerné, et pourtant...); Mais, si ça atteint autant, c'est bien parce que la forme en est imparable, et c'est totalement admirable.
Prévoir quelques nuits agitées...
Ed. du rocher / Le Serpent à Plumes 2002 & 2008, 361 p., 17 €
* Un film de Jean-Stéphane Seauvaire, tourné au Libéria et produit par Mathieu Kassovitz. Sélection Un certain regard, prix de l'Espoir du Jury.
06:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : afrique, guerre, génocides, horreur, puissant, admirable
05.11.2008
Le Carnet de Grauku - Sophie Laroche
Manon est une adolescente potelée, rondelette, elle a quelques bons kilos en trop sans être réellement obèse. Un jour, à la piscine, des pestes lui
font un affront cinglant : profitant du glissement de sa serviette de bain dans la cabine, elles prennent son cul en photo avec un téléphone portable et le font circuler. Mortifiée, blessée, ulcérée, Manon débute alors un blog, le blog de Grauku, son double maléfique, dans lequel elle use de sa plume experte pour détailler son combat, contre le chocolat dans un premier temps. Se noue alors une relation virtuelle avec Kilodrame, un pseudo mystérieux qui va réellement l'aider. Progressivement, Grauku disparaît mais Manon prend-elle le pouvoir ?...
Un roman formidable qui n'a pas peur d'appeler un chat un chat, qui nous prend dans ses mots pour ne pas nous relâcher avant la dernière page. Beaucoup d'humour, de distance, d'ironie, aucun pathos, malgré les sujets graves évoqués. Manon est très attachante et on ne peut s'empêcher de l'admirer. A partir de 15 ans nous dit l'éditeur, 12-13 ans à mon avis, jusqu'à pas d'âge pour vivre de l'intérieur la perte de poids et ses conséquences. La plume de Sophie Laroche est une vraie découverte, à suivre...
Ed. [MiC_MaC], 2008, 244 p., 12,50 €
06:00 Publié dans Mieux que bien | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, anorexie, amitié, régime, amours
04.11.2008
Un Monde sans rêves - Nicola Morgan
Nous sommes dans un monde où personne ne dépasse, ou les humeurs, les émotions, les sentiments ont été régulés par le MAP - Médicament de l'Amélioration de la Personnalité, avec adjonction de NARC au besoin, poudre magique qui permet de planer, encore plus détaché de tout. A la naissance, les bébés sont ainsi "améliorés", un métier leur est attribué en fonction de leurs aptitudes innées. Pour quelques-uns, l'opération "échoue", ils deviennent alors des Spéciaux, et ont le choix entre se corriger perpétuellement par la prise de MAP et de NARC ou devenir des Exclus : vivre sous la surface de la société, se cacher, car les Pols ont le droit (et même le devoir) de les tuer à vue.
Vivre ainsi est éminemment difficile, les gens sont à la merci de toutes les épidémies qui passent, sans possibilité de correctement se nourrir ou se soigner, sans réel espoir de voir leur situation s'améliorer un jour. Céder à la poudre magique, rentrer dans le rang devient alors réellement séduisant, car synonyme de survie, tout simplement.
Une jeune fille, pourtant, investie de la confiance de quelques-uns, est mandatée pour une mission d'importance : s'introduire dans la Tour Centrale qui régule tout, et parvenir à modifier en profondeur les règles folles de cette société. Fille de Spéciaux, elle a été élevée à l'abri dans une institution retirée, et on lui a enseigné le pouvoir des mots et des histoires, la beauté de l'émotion. Mais à 16 ans, elle ne croit pas du tout être l'élue, et c'est remplie de crainte qu'elle accepte pourtant cette mission...
Il y a un paradoxe entre l'univers franchement séduisant de ce roman et l'intrigue qui y est développée; De nombreuses citations ou évocations de romans réjouissent profondément, le côté nunuche et enfantin de l'héroïne ne s'insère pas harmonieusement, ça reste assez scolaire voire parfois laborieux. Pourtant, derrière tout ça on ne peut qu'être séduit par l'épilogue et la portée presque philosophique du message véhiculé. Vive la fiction ! :-D
Ed. Albin Michel, Collection Wiz, 2008, 233 p., 12 €
Traduit de l'anglais par Raphaële Eschenbrenner
Titre original : Sleepwalking
Les avis de : Mélanie, Clarabel (je ne trouve pas sur ton blog ? Ici sur Amazon)
06:00 Publié dans Ca fait plaisir | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, sf, livres, libre-arbitre

